Méthode Serge Wilfart ® :

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Trouver sa voix par Serge Wilfart

Serge Wilfart est premier prix de chant et d’Art Lyrique. Cet ancien ténor d’opéra a accumulé une expérience de treize années de théâtre et de concert à laquelle s’ajoute plus de vingt autres années d’enseignement et de recherche sur la voix. Cet itinéraire tant professionnel que spirituel fait de remises en questions successives l’a amené à devenir un “professeur de voix”.

Nul ne quitte l’adolescence avec sa personnalité ni sa voix véritable. L’instrument a subit des dommages tant émotifs qu’affectifs. La voix est à la fois symptôme et instrument d’évolution intérieure grâce aux rapports privilégiés qu’elle entretient avec notre personnalité et notre moi profond. Pour retrouver l’authenticité tant au niveau de la communication que dans la personnalité toute une démarche initiatique et personnelle est nécessaire. “La méthode Wilfart” résoud les problèmes de nombreux professionnels de la voix (enseignants, avocats, comédiens, chanteurs, …) mais aussi de toute personne en recherche.

Pourquoi le travail de la voix est-il si important? - La voix, le souffle et le son sont à la source de tout être humain. Arrêtez de respirer et vous me manquerez pas d’en découvrir l’importance. Le souffle et le son sont deux énergies complémentaires mais différentes qui se dissocient avec le temps. Pour obtenir l’action maîtrisée, ces deux énergies doivent se marier dans le centre situé à hauteur de l’estomac que les Japonais nomment le “hara”. Si le souffle est d’un caratère méditatif et oriental, le son est symbole de l’action. Il est d’une nature plus occidentale et génère les tensions. Le travail va consister à lever ces tensions l’une après l’autre. Au lieu de traduire le texte biblique par “Au commencement était le Verbe”, il aurait été plus juste de dire “Au commencement était la Vibration”. Il existe d’abord la vibration de base et le travail de la voix consiste justement à se réaccorder sur elle. Il faut ramener le chanteur à ce que Durckeim appelle l’être essentiel, moi je dirais “un bébé qui aurait bien évolué”. Selon une autre métaphore, il faut rebâtir l’homme selon certaines lois et principes, le ramener à une verticalité vraie. Ce travail est tout autant physiologique que psychologique et spirituel. Pour donner une autre image, il faut revenir à une croix latine bien ancrée dans le sol. Ce travail est essentiel mais toujours différent car il n’y a jamais deux êtres qui se ressemblent. L’expérience acquise ne sert jamais à personne. Il importe cependant que sous mon impulsion, l’individu mette le processus en route et poursuive son travail seul. Car s’il n’agit pas lui-même cela n’aboutira à rien. Mon but n’est pas de rendre dépendant du professeur car une vraie remise en question ne peut s’accomplir que librement et individuellement. Il faut donc que le professeur respecte la liberté de l’élève.

- Il y a donc un parallèle certain avec une démarche initiatique. – Oui, retrouver sont “hara” implique une “mort” à soi-même. Le système éducatif bâtit l’homme à l’envers. C’est un phénomène social et un héritage énergétique. L’enfant qui naît quitte un milieu aqueux oû il percevait tout le fonctionnement vital de sa mère pour un monde inerte, immense et silencieux. Avant même que ne soit coupé le cordon ombilical, l’enfant se purifie par l’air. Il libère son premier cri qui correspond véritablement à son amplitude respiratoire. Mais très vite, avec les premiers mois, sa respiration profonde va être perturbée et sa “boule de souffle” va dériver du ventre vers le cou, l’apprentissage de la station debout et de la marche vont placer le centre de gravité et énergétique au niveau des épaules. Par la force des choses et de l’éducation, l’être humain est “une cathédrale dont la construction a commencé par le toit”. Le travail évolutif va consister à la démonter pièce par pièce puis à la rebâtir des fondations jusqu’à la toiture. Cette reconstruction est cependant une démarche individuelle qui ne peut s’accomplir que dans un état de liberté et d’autonomie. L’élève vient en confiance, je lui fais opérer la “culbute” et je l’aide à se remettre à l’endroit. C’est seulement alors que le vieil homme sera peu à peu dépouillé et pourra devenir l’homme debout sur ses deux jambes bien ancrées dans le sol. L’instrument vocal émet des vibrations qui ne sont pas seulement intellectuelles et mentales. La vibration de base passe par différents étages. Elle doit d’abord passer par le niveau sexuel puis affectif pour prétendre atteindre le spirituel. Comme, il n’y a pas d’architecture sacrée sans bonnes fondations, sans crypte, il n’y aura pas de chant sacré sans branchement à la terre. Si le souffle et le son sont correctement reliés au bas du corps (le hara), on peut délier le haut du schéma corporel et parvenir à la voix authentique avec un minimum de dépense énergétique. Mon travail de formateur consiste à centrer les individus en les faisant descendre jusqu’au noyau de leur être. Après avoir ranimé le foyer, il reste à rassembler un souffle puissant et à lui imprimer une direction très précise, à le guider au niveau du passage extrèmement délicat du chakra guttural. Cette force devra être constamment réveillée et amplifiée, elle trouvera son chemin et finira par donner un élixir d’authenticité. Au fur et à mesure, l’apprenti chanteur n’entendra plus de la même manière, les relations entre son oreille gauche et son oreille droite se modifieront. Le corps s’éveillera en même temps que la voix se révèlera. La suite du travail va s’accomplir dans le quotidien, dans un art de se reconstruire, l’”inspir – expir” va progressivement sortir de l’ombre et l’individu va retrouver un souffle méditatif – actif. Arrivé au terme de sa démarche, l’élève aura dépassé une espèce d’apnée, il aura retrouvé les sensations corporelles perdues, l’intellect aura repris sa véritable fonction. Mon rôle sera de surveiller si l’élève devenu autonome, évolue bien. Il ne faut surtout pas créer des individus dépendants car sinon la dérive de la secte n’est pas loin.

- Comment avez-vous découvert les principes de votre méthode? – Pendant des années, j’ai fait mon métier de chanteur avec la voix d’un autre et pourtant, j’avais l’intuition qu’elle était fondamentalement autre. Le Maestro Abrami, maître de chant italien m’a fait trouver ma voix mais en la fabriquant à mon insu. Lorsqu’il est mort, j’ai perdu en six mois les fruits du travail accompli. Si j’avais identifié le processus, je n’en avais pas encore pris intimement conscience. J’ai donc dù reprendre par moi-même cette démarche analytique commencée en compagnie du maître. Des synergies se sont créées avec d’autres démarches de type initiatique et psychologique et j’ai découvert en plus de ma voix que chez tout un chacun ce type de reconstruction ramène à leur expression authentique les instruments corporels et psychologiques.

- Qui vient vous consulter? - Pour des raisons déonthologiques, je me suis toujours refusé à faire de la publicité. Pourtant je vois défiler chez moi toutes sortes de gens. Les comédiens, les enseignants, les avocats, les membres du clergé, les musiciens et les artistes s’intéressent à la méthode de construction et d’harmonisation par la voix. Mais bon nombre d’élèves appartiennent à d’autres catégories professionnelles: des orthophonistes, des représentants du monde médical et paramédical, des étudiants, des entrepreneurs, … Parmi toutes ces personnes en recherche, les chanteurs me donnent le plus de fil à retordre car ils sont malheureusement les plus déformés par leur “ego” vocal. – Quelle est la fréquence des “séances”? – Tant au niveau de la fréquence des séances, qu’à celui du nombre des élèves mon engagement inconditionnel va à la qualité plutôt qu’à la quantité. La première phase dure un mois et demi à raison d’une séance semaine. Car il faut lutter contre les habitudes. Ensuite tout cela s’espace car le travail peut se poursuivre d’une manière beaucoup plus autonome. L’élève est devenu plus confiant, serein vis-à-vis de lui- même et dans ses rapports au monde.

- Vous animez aussi des ateliers. – Oui, ils durent 4 jours et se déroulent dans une dynamique souffle-son. Les stages donnent à ma méthode une de ses formes la plus achevée. Le participant a l’occasion non seulement de progresser pour lui-même mais aussi face aux autres et donc pour une expression sociale harmonieuse. Contrairement à une séance individuelle chaque participant ne dispose que peu de temps et doit donner le meilleur de lui- même en un miminum de temps. Il reçoit quelques “chocs” impressionnants. Heureusement, le groupe entier soutient, encourage et guide le chanteur. Si parfois il le pousse dans ses retranchements, il le protège également. Après quelques jours des progrès considérables s’accomplissent, je constate que les acquis subsistent et se poursuivent tant au niveau de la maturation de la voix que de la personnalité. Ces stages se situent hors du temps et de toute forme de dépendance, dans une atmosphère réellement fraternelle. Une fois le stage achevé chacun reprend sa route riche d’acquis qui jusque là étaient inaccessibles pour cause de contraintes temporelles ou géographiques. – Formez-vous des personnes pour poursuivre votre oeuvre après vous? – Oui, plusieurs fonctionnent déjà et d’autres se forment. Ils doivent absolument être soucieux et responsables mais en plus honnêtes et respectueux de l’autre. Le travail de la voix peut mettre aussi bien en jeux des énergies positives et contructives que négatives et destructrices. On ne peut donc aider l’autre que si on a soi- même fait un sacré bout de chemin.

Propos recueillis par Pascal Rivière, pour le site aecoute.org

Pour aller plus loin: Serge Wilfart, (1994) Le Chant de l’Etre Analyser, construire, harmoniser par la voix Paris, Albin Michel (Collection: L’Etre et le Corps).